Part of a Whole

Mon nom est Nicolas Steenhout.
Je présente, forme, et consulte au sujet de l’inclusion, de l’accessibilité et du handicap.

Commentaires sur l’ébauche de norme canadiennes pour les équipes de chiens de service

Il y a une ébauche de norme pour les Équipes avec chien de service, et les commentaires du public sont dûs au plus tard le 14 juillet 2017. Il ne reste pas beaucoup de temps pour commenter mais il est extrêmement important de le faire pour quiconque sera directement touché par cette norme. Dans ce billet, je partage ce que je pense de la norme canadiennne pour les Équipes avec chien d’assistance, tel que proposée.


10 Chiens de service assis ou couchés
Chiens d’assistance en repos pendant une session d’entraînement.
Photo par Beverly & Pack. CC By 2.0

TL;DR

Une nouvelle norme pour les chiens d’assistances est proposée au Canada. Les commentaires du public seront acceptés jusqu’au 14 juillet 2017. L’intention est bonne, mais le texte est trop vague et irréaliste. Si elle est adoptée tel qu’écrit, cette norme pourrait causer des problèmes aux écoles qui entraînent les chiens de service, ainsi qu’aux humains qui font partie des équipes de chien de service.

Table des matières

Contexte

Je commence par vous partager un peu mes antécédents avec les chiens de service. En temps que défenseurs des droits des personnes en situation de handicap, pendant la dernière vingtaine d’années, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup d’équipes de chien de service, y compris les chiens guides, des chiens d’aide à la mobilité, des chiens d’épilepsie, des chiens pour l’autisme, et des chiens pour les sourds. J’ai rencontré ces équipes au Canada, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Royaume-Uni, et en France. J’ai été impliqué dans la rédaction de modifications de la loi du contrôle des chiens de la Nouvelle-Zélande (Dog Control Act 1996), ainsi que de l’arrêté municipal de Palmerston North, Nouvelle-Zélande en ce qui avait trait au langage et aux concepts reliés aux chiens de service dans ces lois. J’ai moi-même un chien d’assistance. Il m’aide principalement en tirant mon fauteuil roulant et en ramassant des objets quand je lui demande. J’ai récement écrit au sujet de ma relation avec lui. Il a été entraîné par Mira, la première école canadienne qui a entraîné des chiens guides (tel que décrit dans le document de norme). C’est mon second chien d’assistance. Le premier avait été entraîné à Chicago et nous avons travaillé ensemble pendant presque 10 ans.

J’apprécie l’idée du développement d’une norme pour les chiens de service parce que la situation peut être problématique. L’introduction de la norme dit:

La nécessité de la présente norme s’est imposée en raison des longues listes d’attente pour obtenir un chien de service et des préoccupations croissantes quant aux qualifications ou à l’expérience de travail auprès des personnes handicapées ou de leur famille que ne possèdent pas toujours les dresseurs de chiens. La pénurie de chiens de service et ces divers problèmes poussent un grand nombre de personnes à dresser leur propre chien avec ou sans l’aide d’un entraîneur. De plus, certaines personnes commencent à acheter en ligne des cartes d’identité et des harnais à chien sans qu’il soit possible de déterminer s’ils sont authentiques et s’ils peuvent être utilisés en toute sécurité dans les espaces publics. Il devient donc extrêmement difficile pour les équipes avec chien de service d’établir leur légitimité dans ce contexte tumultueux.

Ça a pris deux ans entre le moment où j’ai fait application pour un chien d’assistance et celui où je suis rentré à la maison avec lui. J’ai entendu des histoires de gens qui avaient attendu 3, 4 ou même 5 ans (mais cela était aux États-Unis). Il est indéniable que l’attente d’un chien d’assistance peut être longue. And j’admets avoir exploré d’autres options que d’aller avec une école accréditée – mais en fin de compte, j’ai préféré attendre. Je comprends comment d’autres personnes n’auraient pas voulu (ou pû) attendre.

J’ai eu la malchance de rencontrer des gens avec des chiens qu’ils avaient dressés eux-même. Je m’en rappèle d’un en particulier – c’était un homme avec la vision basse, qui avait décidé d’entraîner une grosse brute de berger allemand comme chien guide. Son chien était aggréssif et nous jappait dessus et sautait vers nous. Je ne me sentais jamais en sécurité quand je le voyais sur le campus de l’université où je travaillais.

Il y a aussi eu des gens qui m’ont demandé où acheter une carte d’identité ou une veste pour leur chien. Même des gens en fauteuil roulant avec des chiens de compagnie qu’ils voulaient pouvoir amener partout. Des chiens de compagnie qui ne faisaient pas de services spécifiques pour eux, autre que d’être de la bonne compagnie. Je ne prends pas l’importance d’une compagnie constante à la légère, surtout pour les personnes en situation de handicap qui sont souvent très seuls. Mais un chien de compagnie, aussi important que la compagnie soit, n’est pas un chien d’assistance.

Et il y a eu toute une série d’évènement où ma légitimité a été mise en question. En voici quelques uns: Nous avons été refusé d’accès dans des hôtels; Nous nous sommes fait dire que nous ne pouvions pas entrer dans les restaurants; Nous nous sommes fait refuser l’accès aux taxis; Nous avons même étés mis à la porte d’un motel en plein milieu de la nuit!

Donc ce paragraphe dans l’introduction de la norme proposée me parle et semble bien décrite une problématique vraie. Par contre, après ce paragraphe, ça se complique.

Note au sujet du langage utilisé: La norme parle de “personne handicapée”, expression utilisée et acceptée. J’utilise “personne en situation de handicap”, expression de plus en plus utilisée, et favorisée par une majorité de personnes en situation de handicap, qui reflète plus la réalité que le handicap est causé bien plus par l’environnement et la situation qui nous entoure que par la condition elle-même.

Éducateur

À partir de 4.1, les références à l’éducateur, rendent le texte confus. En anglais, le terme utilisé est “handler“. L’équivalent de ce mot en français devrait être “utilisateur”. Le mot “éducateur” peut trop facilement être confondu avec l’entraîneur. De plus, au Québec, il y a des éducateurs spécialisés dans les écoles, qui pourraient avoir affaire avec des enfants qui ont des chiens de service. Le risque de confusion est incroyable.

De plus, bien que je continue l’entraînement de mon chien, je ne suis pas son éducateur. La norme devrait utiliser un langage clair qui reflète ce qui se passe déjà dans la vraie vie.

Vérification de la déficience

4.1.1.1.1 Vérification de la déficience

Il faut établir que l’éducateur a une déficience au sens des lois de la province ou du territoire relatives aux personnes handicapées.

Cela m’inquiète pour plusieurs raisons. Bien sûr, un chien d’assistance est là pour aider une personne en situation de handicap, et il faudrait établir que la personne a une vraie condition. Mais qui vérifiera cela? Quels sont leurs compétences? Quelle est leur expérience? Quel sera le niveau de complexité du processus pour la personne en situation de handicap qui veut un chien d’assistance, ou qui en a déjà un?

Où cette information sera-t’elle gardée? Cela sera-t’il dans une base de donnée centrale? Qui y aura accès? Comment les données seront-elles sécurisée? Comment la vie privée des gens sera-t’elle protégée?

Besoin pour un chien de service

4.1.1.1.2 Besoin d’un chien de service et aptitude à le gérer

L’éducateur fera l’objet d’un examen de sa déficience et d’une évaluation de son besoin d’un chien de service. Un évaluateur indépendant ayant des connaissances sur l’utilisation des chiens de service et des compétences dans le domaine de la déficience de l’éducateur doit effectuer cette évaluation. Si l’évaluateur confirme le besoin d’un chien de service, il établira un rapport d’évaluation en ce sens.

Encore une fois, qui fera cette évaluation? Y aura-t’il des pénuries d’évaluateurs, ce qui causera de longues listes d’attente une fois de plus? Où seront envoyés les rapports? Une fois de plus, toutes les inquiétudes au sujet de la protection de la vie privée causée par la vérification de déficience seront présentes.

Connaissance des soins canins

Toute la section “4.1.2 Connaissances théoriques et pratiques de l’éducateur en matière de soins canins” devrait être couverte par l’école ou l’entraîneur. C’était très bien enseigné pendant mes 3 semaines d’entraînement à la Fondation Mira. Et aussi avec l’école qui avait entraîné mon chien précédent.

Entraînement sans cruauté

Voilà un sujet qui vexe bien des gens. J’appuie le traitement sans cruauté, bien sûr, et je ne suis pas cruel envers mon chien d’assistance. Je comprends que les auteurs de la norme ont le meilleur intérêt des chiens à cœur. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ne sont pas au courant de ce qui se passe dans la vraie vie.

4.1.3 Connaissances théoriques et pratiques de l’éducateur en matière d’entraînement sans cruauté

L’éducateur doit prodiguer au chien de service des soins, un entraînement et une attention sans cruauté qui répondent à ses besoins.

Ah oui, mais… Vraiment??? C’est bien évident que nous voulons prodiguer des services, de l’entraînement et des soins sans cruauté. Même si nous croyons que nos chiens ne sont qu’un outils pour nous aider, et je ne connais pas de gens qui pensent comme ça, le mieux nous traitons nos chiens, le plus longtemps ils travailleront avec nous.

Cela revient peut-être à la compréhension de ce qui est, et n’est pas, cruel.

A.1.2.3 Méthodes inacceptables

• Renforcement négatif : Retirer un stimulus nocif lorsque le comportement désiré est observé dans le but d’augmenter les probabilités de récurrence dudit comportement

• Punition positive : Faire correspondre une conséquence négative à l’observation d’un comportement indésirable dans le but de réduire les probabilités de récurrence dudit comportement

Ça me rappèle une loi bien intentionnée en Nouvelle-Zélande qui fait de gifler sont enfant un acte criminel. À premier abord, le but est de protéger les enfants d’abus physique. En pratique, cela veut dire que certains parents ont été poursuivis en justice pour avoir giflé la main de leur enfant qui s’apprêtait à faire quelque chose de dangereux, tel que mettre la main dans un feu de camp ou de coincer une fourchette dans la prise électrique.

Le fait est que, si mon chien s’apprête à faire quelque chose qui le met en danger, ou nous met en danger, j’aurai peut-être besoin de donner un bon coup de laisse. J’ai souvent besoin de dire “non” pour arrêter un comportement inacceptable. Des fois, ce “non” doit être ferme et fort.

La manière dont je traite mon chien n’est pas cruelle. Elle est peut-être déplaisante des fois, tant pour lui que pour moi. Mais c’est nécéssaire pour notre sécurité commune.

Équipement adéquat

4.2.1 Attributs du chien de service

Pour être un membre d’équipe efficace et pouvoir accomplir ses tâches en public en toute sécurité, le chien de service doit être :

Doté de l’équipement adéquat et d’une forme d’identification permanente

Et

5.2.1.1 Équipement adéquat

L’équipement du chien de service :

• Doit clairement le désigner comme faisant partie d’une équipe avec chien de service

Il y a toutes sortes de harnais et de vestes différents. Chaque pays, chaque province, chaque école utilise des techniques et pratiques différentes. Mira utilise un harnais en cuir similaire pour tous les chiens, étampé avec leur logo, puis adapté à la tâche spécifique (guide, traction, marche, etc). Nous avons reçu un foulard bleu, mais ce foulard n’est pas obligatoire pour “l’uniforme”, même si je me fais souvent dire que je ne peux pas entrer dans un bâtiment parce que nous n’avons pas le foulard bleu. Mon chien précédent avait une veste rouge, mais pas de harnais en cuir. Le style des harnais de chiens guide, par exemple, varient énormément.

Et même quand un harnais ou une veste semble très claire, les gens ne le voient pas, ne le connaissent pas, ou simplement refusent de le reconnaître.

Identification permanente

4.2.1 Attributs du chien de service

Pour être un membre d’équipe efficace et pouvoir accomplir ses tâches en public en toute sécurité, le chien de service doit être :

Doté de l’équipement adéquat et d’une forme d’identification permanente

Et

5.2.1.5 Identification permanente

Le chien de service doit porter une micropuce en fonctionnement, de type Full Duplex, conforme aux normes ISO 11784 et ISO 11785.

La section 4.2.1 est vague. Des précisions sont portées dans 5.1.1.5 mais il pourrait y avoir de la confusion. Si quelqu’un se fie à 4.2.1, un tatouage de l’oreille pourrait être jugé suffisant comme identification permanente. Par contre, un tatouage pourrait être perçu comme étant douloureux à l’application, donc cruel.

Contrainte excessive

5.1.1.3 Exigences de la catégorie A

Remarque : […]
3. Les installations ont l’obligation de prendre des mesures d’adaptation pour accueillir les équipes avec chien de service, dans la mesure où cela ne constitue pas une contrainte excessive

Qu’est-ce qu’une contrainte excessive? Je peux facilement imaginer un supermarché qui dirait que c’est une contrainte excessive si je vais chez eux parce qu’ils ont un employé allergique aux chiens, ou un restaurant disant qu’il y a contrainte excessive parce qu’il y a une autre cliente qui a peur des chiens. Je peux l’imaginer, parce que ça m’est arrivé dans le passé.

Je comprends bien qu’il est difficile de définir ce terme de “contrainte excessive”, et que ça change d’une situation à l’autre. Mais le texte est vague et il y aura de l’abus. Ce sera une lacune importante.

Dossiers

5.1.2.8.2 Dossier de propriété et dossier du mandataire

[…]
Il est recommandé que les renseignements suivants soient à portée de main :

• Les coordonnées du professionnel sollicité lorsqu’une assistance professionnelle est nécessaire pour gérer le comportement du chien de service

• Les dossiers de vaccination ou des tests d’immunité

• Les besoins physiques du chien de service

• Le type de nourriture, sa quantité et sa fréquence

• Le toilettage

• L’exercice

• L’acquisition et le perfectionnement des compétences et aptitudes

• Les méthodes de dressage sans cruauté et leur utilisation

• Les comportements posant problème et le plan de dressage sans cruauté mis en place pour les régler

Que veut dire, exactement, “à la portée de la main”? Est-ce que c’est avoir l’information à la maison? Ou alors cela suppose que nous devrions avoir ces documents avec nous en tous temps? Si le dernier est le cas, ce serait très onéreux.

Atténuation de l’invalidité

5.3.3 Équipe – Atténuation de l’invalidité de l’éducateur

Les tâches individuelles que le chien de service a appris à réaliser incluent, sans toutefois s’y limiter : les tâches, le guidage, les alertes ou la détection. Quelle que soit la tâche, il ne doit présenter aucun comportement agressif. Le chien doit effectuer ces tâches rapidement et de manière fiable lorsqu’on le lui demande. Au moins une tâche doit atténuer l’invalidité dans un espace public.

À qui cela devra-t’il être démontré? À quelle fréquence?

Dangers causés par les humains

5.3.4.3.1 Dangers causés par les êtres humains

L’éducateur doit s’efforcer de protéger son chien de service des membres de la population qui, intentionnellement ou non, causeraient du stress, de la peur ou de l’anxiété injustifié(e) au chien de service ou le blesseraient. L’éducateur doit être en mesure de protéger son chien de service d’une façon qui ne présente aucun risque pour la sécurité des autres membres de la population ou pour lui-même.

L’éducateur doit s’efforcer de réagir face aux membres de la population qui, intentionnellement ou non, causeraient du stress, de la peur ou de l’anxiété injustifié(e) au chien de service ou le blesseraient. L’éducateur doit avoir un plan pour protéger son chien de service d’une façon qui ne présente aucun risque pour la sécurité des autres membres de la population ou pour lui-même. Le plan doit être adapté à l’éducateur et au chien de service et pourrait inclure des éléments tels que le fait d’obtenir de l’aide.

Si je comprends bien, c’est ma responsabilité de protéger mon chien. Ok. Bien sûr, je ferai ce que je peux pour protéger mon chien des autres humains.

Mais si je lis cette norme correctement, il n’y a aucune responsabilité placée sur le parti agresseur. Toute la responsabilité est placée sur la personne en situation de handicap.

Protection contre les dangers environnementaux

5.3.4.3.2 Risques environnementaux

L’éducateur doit s’efforcer de protéger son chien de service des risques environnementaux présents dans les lieux publics ainsi que dans les espaces privés, tels que les maisons. Ces dangers incluent, sans toutefois s’y limiter : les chiens de compagnie, l’asphalte brûlant, les conditions hivernales, le déversement de matières dangereuses ou le verre brisé. L’éducateur doit être en mesure de repérer de façon proactive les risques environnementaux qui pourraient compromettre la sécurité de son chien de service en public, et de prendre des mesures pour les éviter. Dans les cas où ces dangers sont inévitables, l’éducateur doit prendre des mesures pour limiter le risque (par exemple, mettre des chaussures de protection au chien) ou gérer la situation de manière à limiter le risque de façon proactive pour son chien de service.

Cette clause est intéressante, parce qu’à prime abord, c’est logique. Mais quand on analyse cela, on se rend compte que ça arrêtera possiblement les gens de sortir.

La raison pour laquelle les gens ont des chiens de service c’est pour nous aider à sortir et faire nos déplacements et nos tâches. Ce n’est pas parce qu’il fair -25 C ou +30 C que je n’ai plus besoin d’aller à l’épicerie. En fait, sans le chien d’assistance tirant mon fauteuil sur un trottoir glacé ou enneigé, je ne serais pas capable de me déplacer en hiver.

De suggérer que nous devons éviter ces situations est un peu comme de suggérer que nous devrions rester à la maison. Mon côté sarcastique voudrait ajouter “rester à la maison, caché, là où j’appartiens”, but je ne le ferai pas.

Cette clause offre des solutions pour mitiger ces situations, telles que d’utiliser des bottillons pour le chien. J’en ai, des bottillons pour mon chien, et il les porte quand c’est approprié. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il n’a pas de traction sur les trottoirs glacés avec des bottines. Dans cette situation, les bottillons ne sont pas sécuritaires pour qu’il puisse faire la tâche pour laquelle il a été entraîné.

N’oublions pas non plus qu’il y a plusieurs personnes qui ne seraient pas capable de mettre des bottillons à leur chien (pensez par exemple à une personne paralysée “à partir du cou”).

Sécurité contre les chiens violents

5.3.4.3.3 Chiens présentant un comportement violent

L’éducateur doit s’efforcer d’éviter tout chien ne se trouvant pas sous le contrôle d’un être humain, que ce chien soit tenu en laisse ou non. Les mesures incluent, sans toutefois s’y limiter, de traverser la rue, de faire barrage avec son corps ou de demander à ce que le chien en question soit retenu. L’éducateur prendra connaissance de la manière la plus sûre d’intervenir ou de s’échapper, en présence d’un chien ayant un comportement violent, tout en évitant le danger.

Une fois de plus, la responsabilité nous est fermement placée sur nous, la personne en situation de handicap dans le cas d’une situation causée par quelqu’un d’autre.

C’est bien évident que je ferai ce que je peux pour protéger mon chien d’autres chiens. Mais il y a bien des situation où traverser la rue ou bloquer une attaque avec mon corps n’est pas possible. Je suis désolé, mais s’il y a un chien problème sur le trottoir, je ne peux simplement pas traverser la rue, à cause de la marche du trottoir, des voitures stationnées, des voitures qui se déplacent. Quand à bloquer avec mon corps, ça deviendrait vite une danse assez intéressante, pour un usager de fauteuil roulant. Ça me mettrait dans une situation très risquée. Si un chien violent attaque, en tant qu’usager de fauteuil roulant, mon visage et ma gorge sont à portée d’un chien qui attaquerait.

Puis il y a le problème pour ceux qui utilisent un chien guide, qui ne sauraient probablement même pas qu’il y a un chien hors contrôle qui les approche.

Quand à demander que le chien en question soit contrôlé… S’il n’est pas contrôlé au départ, je suis loin d’être convaincu que ça fonctionnerait “dans la vraie vie”.

J’était récemment dans une animalerie. Alors que nous entrions, une femme payant pour ses achats avait un chien tenu par une longue laisse. Elle a vu son chien nous approcher. Je lui ai dit que mon chien travaillait et que son chien nous empêcher de continuer (entre autre, il nous bloquait le chemin pour se tasser de la fermeture de la porte automatique. Je lui demandé de contrôler son chien et elle a dit “il est sous contrôle et il n’est pas dangereux”. Puis elle a tiré sur la laisse sans être capable de faire bouger le chien.

Entraînement

A.3 Comportement et entraînement

Les heures d’entraînement vont varier en fonction de la race et de la maturité du chien, du niveau de compétence du dresseur et de la complexité de l’entraînement.

C’est bien vrai que le temps d’entraînement varie, mais cette portion de la norme ne semble pas prendre en compte les recommendation de l’International Association of Assistance Dog Partners, qui suggère un minimum de 120 heures d’entraînement.

La norme ne fait pas référence non-plus à la norme mis de l’avant pas Assistance Dogs International (ADI). ADI est reconnu comme l’organization d’accréditation mondiale. Au lieu de réinventer la roue, nous devrions nous aligner sur leur norme.

Premiers soins

B.2.2 Trousse de premiers soins

Il est recommandé que l’éducateur ait toujours en sa possession une trousse de premiers soins lorsqu’il est accompagné du chien de service.

Euh, quoi? Je suis sensé, en tous temps, avoir une trousse de premier soins pour mon chien avec moi? Est-ce que les parents doivent avoir une trousse de premier soins pour leurs enfants, en tous temps? Est-ce que les autres gens qui ont des chiens doivent aussi avoir une telle trousse? Pourquoi ce fardeau supplémentaire pour les personnes en situation de handicap?

C’est bien évident que je veux garder mon chien en sécurité et en santé, et être capable de répondre aux urgences. Mais avoir une trousse de premiers soins avec moi en tous temps semble être lourd et pénible.

Lien

B.4 Lien

L’évaluation du lien de l’éducateur avec son chien de service peut porter notamment sur l’interaction entre le chien et l’éducateur, l’attachement émotionnel perçu et les coûts perçus

Évalué par qui? À quelle fréquence? Comment? Quelle fardeau cela placera-t’il sur la personne en situation de handicap qui a un chien d’assistance?

Chien de service

C.3 Chiens pour personne avec handicap moteur (désignés sous le nom de « chiens de service » par certains programmes)

Cet en-tête démontre une mauvaise connaissance du milieu. “Chiens de service” est un terme qui inclut, tel que le terme “chien d’assistance”, les chiens guide, les chiens pour personnes avec handicap moteur, les chiens pour les malentendants, les chiens pour les autistes, les chiens pour l’épilepsie, etc. Cet en-tête, dans une norme, augmentera grandement la confusion qui existe déjà.

La norme ne suis pas sa propre classification. Voir “C.4 Chiens de service pour les diabétiques”, “C.5 Chiens de service pour les épileptiques”, et encore “C.7 Chien de service pour l’autisme”. De plus, le titre même de la norme (“Équipes avec chien de service”) ne suit pas la classification dans le texte.

Conclusion

L’idée de préparer une norme canadienne pour les équipes de chien de service est excellente. Mais une telle norme devrait s’aligner sur les normes qui existent au niveau international, telle que celle de Assistance Dogs International. Une telle norme devrait aussi prendre en compte les vraies expériences des personnes en situation de handicap qui utilisent un chien de service. La norme devrait éviter de rendre le processus trop onéreux pour les personnes en situation de handicap. Le processus devrait aussi porter attention à l’expérience et aux connaissances des écoles d’entraînement de chiens de service qui ont un savoir-faire éprouvé quand il en est de donner des chiens de service aux personnes en situation de handicap.

Et vous? Qu’en pensez-vous de cette norme? Veuillez commenter s’il vous plaît!

Avant que vous ne partiez, voici quelques liens qui vous intéresseront peut-être:

One thought on “Commentaires sur l’ébauche de norme canadiennes pour les équipes de chiens de service

  1. Ça n’a pas de maudit bon sens. C’est évident que ces normes n’ont pas été écrites en collaboration avec des gens qui se servent d’un chien de service. ????

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