Part of a Whole

Mon nom est Nicolas Steenhout.
Je présente, forme, et consulte au sujet de l’inclusion, de l’accessibilité et du handicap.

Déménager aux États-Unis pour le travail, oui ou non?

J’étais en négociation d’emplois avec une compagnie cotée en Bourse à la ville de New York depuis plus de 8 mois. Il aurait fallu déménager à NYC. Cela était très attrayant au début. Mais cela devenait de moins en moins attrayant au fur et à mesure de l’évolution de la situation socio-politique. Et plus on en apprenant au sujet de la location d’appartement, et au sujet des transports en commun pour les personnes en situation de handicap, plus la proposition perdait de l’attrait. Ça a bien l’air que cet emplois n’ira pas de l’avant. Je suis déçu, et je crois bien que les gens à la compagnie le sont aussi.

Sign posts at a border crossing between Canada and the United States

J’ai passé beaucoup de temps à évaluer le pour et le contre de l’emploi et de tout ce qui l’entoure. Et aujourd’hui, après beaucoup de réflexion, et même un peu d’angoisse, j’ai décidé que je n’étais pas prêt à déménager ma maisonnée à New York dans le climat socio-politique actuel. J’ai beaucoup d’expérience de travail à distance, alors j’ai proposé à l’employeur que je pourrais travailler à distance, ou même aller au bureau 2 ou 3 jours par semaine et travailler de Montréal le reste du temps. Il est finalement devenu apparent que nous ne pourrions arriver à une entente là dessus. La position avait été annoncée à temps plein dans le bureau de la maison mère, et c’est ce qu’ils continuent à vouloir.

Pour et contre

Nous avons parlé du pour et du contre. Nous avons fait de la recherche sur tous les aspects d’un tel déménagement. Nous avons calculé les coûts de déménagement, ainsi que les coûts de la vie comparés entre NYC et Montréal. Le plus nous avons cherché, le plus nous nous sommes rendu compte des ramification complexes.

Pour

  • Bonne compagnie
  • Fonctions de travail très intéressantes
  • Chance d’avoir un impact positif dans la vie des usagers du produit de la compagnie
  • Vie dans une citée dynamique
  • Revenu stable

Contre

  • Incertitude du visa de travail
  • Coûts élevés
  • Inquiétudes sur le logement
  • Inquiétudes sur le transport en commun
  • Situation politique

Permis de travail

Pour travailler aux États-Unis, j’ai besoin d’un permis de travail. J’ai reçu la résidence permanente (Carte verte) aux USA il y a 20 ans. Mais je l’ai abandonnée volontairement quand je suis déménagé en Nouvelle-Zélande. Donc je ne peux pas utiliser cela. Les visas H1-B ont été décimés par l’administration actuelle, et les visas TN ne sont pas appropriés pour le genre de travail que j’aurais fait avec cet employeur.

Nous avons organisé la documentation pour faire une demande pour un visa O-1. Le service de citoyenneté et d’immigration des États-Unis a décidé que j’étais un individu qui possède des capacités extraordinaires dans mon champ de travail. J’ai reçu le visa O-1. Yé! Ça a pris du temps. Mais c’est finalement arrivé, et je pourrais travailler pour cet employeur. Et je dois dire un gros merci bien spécial à ceux et celles qui ont aidé avec ça – vous savez qui vous êtes.

Cependant, il y a beaucoup de changements dans les visas, et d’autres changements possibles. Ils y a même des indications que les critères de certains visa pourrait changer rétroactivement! Qu’arriverait-il si l’administration décidait, après quelques mois, qu’ils changent les critères et décident que je ne suis plus admissible parce que je n’ai pas un prix Nobel, ou autre raison farfelue?

Logement

Ça ne sera une surprise pour la plupart des gens que le coût des logements à NYC et exorbitant. Ce que les gens ne savent peut-être pas c’est que trouver un logement accessible en fauteuil roulant est presqu’impossible, peu importe le coût du loyer.

Accessibilité

Nous avons étudié nos options de logement pendant presque 6 mois. Nous n’avons pratiquement rien trouvé. Aujourd’hui, une recherche de logement accessible près des bureaux de l’employeur nous donne 4 résultats. Le plus près était à 9 Km du bureau. Le plus près après ça était à 50 Km! Bien sûr, il y a beaucoup de site Web de recherche de logement, mais ce résultat est représentatif de toutes les recherches que nous avons faites en 6 mois.

Bien des bâtiments sont vieux, sans ascenseur – il faut prendre les escaliers. Les bâtiments plus récents qui ont des ascenseur et pas de marche à l’entrée semblent êtes les plus dispendieux.

Une personne en fauteuil roulant parle des difficultés qu’elle a eu à trouver un appartement accessible à NYC, disant que ça lui a pris plus d’un an à trouver un logement.

Quant aux logement spécialement conçu pour l’accessibilité et les personnes en situation de handicap, j’ai vu des listes d’attente de plus de 10 ans pour y entrer. En tout cas, je ne serais pas admissible à ces bâtiments à cause du salaire que j’aurais.

Chien d’assistance

Comme vous le saurez peut-être si vous lisez mes billets régulièrement, j’ai un chien d’assistance. On dirait que les propriétaires à NYC on de strictes politique interdisants les animaux de compagnie. En principe, un chien d’assistance n’est pas un animal de compagnie et il ne devrait pas y avoir de problème. En pratique, je sais d’expérience personnelle que d’essayer de trouver un logement avec un chien d’assistance quand je vivais à Chicago étais très difficile. Les gérant d’appartements disent rapidement que l’appartement n’est plus disponible après tout, ou encore veulent augmenter le loyer, ou alors ils causent d’autres problèmes, même si c’est illégal de le faire.

Loyers abordables

Nous avons trouvé un studio à 3,000 $ US par mois, qui n’avait pas de toilettes privée. La perspective de déménager dans un studio hors prix, ou même un petit logement 2 pièces n’est pas du tout attrayant. Surtout quand on pense que nous avions laissé une grande maison avec un jardin de 125 m2 en Nouvelle-Zélande quand nous sommes venus à Montréal il y a quelques années. 2 adultes et un grand chien dans un petit appartement serait un grand pas en arrière dans notre style et qualité de vie.

Pour trouver un logement plus grand et abordable, nous avons étendu notre recherche. Il faut aller très loin avant de trouver quelque chose de potable. Ce qui nous mène à la prochaine barrière: se rendre au travail.

Déplacement au travail

Aller au bureau nécessiterait prendre le transport en commun. Lire l’expérience des gens sur les transports en commun à New York n’est pas rassurant. Les gens disent que ça peut prendre une heure pour un simple trajet. Apparement, il arrive souvent que les gens doivent voyager pendant 2 heures à l’aller comme au retour.

Métro

Tout porte à croire que le métro est tellement bondé aux heures de pointe que les gens attendent souvent le suivant. En tant qu’usager de fauteuil roulant qui veut garder son chien d’assistance en sécurité, l’idée de prendre un métro comme ça ne me rassure pas.

Mais on ne peut même pas prendre ce risque si on ne peut pas entrer dans le métro. La société de transport en commun de New York (la MTA) a été poursuivi en cour à cause du manque d’accessibilité de métro. Il n’y a pas assez d’ascenseurs, et ceux qui existent sont trop souvent brisés. 80 % des stations de métro ne sont pas accessibles pour les gens avec des handicap de mobilité.

Autobus

Ça nous laisse avec l’autobus. Les bus sont, en théorie, plus accessible que le métro. J’ai souvent pris le bus à Chicago où la société locale de transport (CTA) a fait beaucoup de bon travail pour améliorer l’accessibilité de leur système de transport (grâce aux efforts des personnes en situation de handicap). Je prends aussi souvent le bus à Montréal. Mon experience m’indique que les bus sont aussi bondés à l’heure de pointe que les métros, et les rampes d’accès sont notoirement peu fiables. De plus, des gens ont étés blessés sur les rampes du MTA.

Climat politique

Tous ces problèmes de logistique pourraient être surmontés. Mais le climat politique actuel, et les actions de l’administration actuelle, causent des inquiétudes importantes particulièrement pour quelqu’un qui irait dans ce pays pour travailler légalement avec un visa non-immigrant.

Quand nous avons commencé à parler emplois avec cette compagnie, l’inauguration du gouvernement n’avais pas encore eu lieu. Plus le temps passe, plus la situation empire. Je n’irai pas dans les détails, mais n’importe qui suit les nouvelles comprendra ce dont je parle.

En février, je me suis dit “ils sont absurdes”. En avril, je pensais “ils sont vraiment absurdes”. En juin, je ne pouvais que hocher la tête, sans mots. Mais admettons le, l’absurdité n’arrive pas à décrire les évènements et la situation.

La goûte d’eau qui a fait débordé le vase aura été les menaces d’attaque nucléaire contre la Corée du Nord. Cela arrivera-t’il? J’espère que non. Certains journaux disent qu’il n’y a pas de substance à ces menaces. Par contre, d’autres disent que le monde n’a jamais été aussi près d’une guerre nucléaire.

Comme étranger qui considère déménager aux États-Unis, ces évènements ne sont pas réassurants.

Décision finale

Donc, avec toute cette information, et ayant considéré soigneusement tous les facteurs, j’ai décidé que je ne peux pas déménager à New York. Je serais content de re-examiner ma décision si la situation change dans le futur, parce que je suis toujours intéressé par l’emplois. Je crois que ce serait un défi intéressant, et je pourrais causer une différence positive pour l’employeur et les usagers de leur produit. Comme le dit le Dragon: “Pour toutes ces raisons, je passe.”