Part of a Whole

Mon nom est Nicolas Steenhout.
Je présente, forme, et consulte au sujet de l’inclusion, de l’accessibilité et du handicap.

Les problèmes liés aux rampes-escaliers

L’idée d’intégrer les rampes et les escaliers semble être, à prime abord, une excellente approche du design universel. Cela permet des escaliers visuellement attrayants tout en incluant une rampe. Mais la mise en œuvre de cette idée laisse beaucoup à désirer du point de vue de l’accessibilité et de la sécurité.

Une discussion sur Twitter a ramené l’idée d’un design “magnifique et inclusif”. Eric Wright a suggéré des rampes-escaliers et a donné un lien vers une page qui énumère 8 ces conceptions (en anglais).

Traduction: J’adore les rampes-escaliers. J’aime particulièrement celle de Robson Square à Vancouver.

Robson Square

Le premier de ces rampe-escaliers est à Robson Square à Vancouver, en Colombie-Britannique. C’est un design que j’ai utilisé dans le passé pour illustrer les défaillances potentielles du design universel. Jetons un coup d’œil à quelques photos de rampe-escalier, puis analysons où il pourrait y avoir des problèmes.

Photo credit: Dean Bouchard, Flickr

Photo credit: Dean Bouchard, Flickr

Qui est affecté?

  • Utilisateurs de fauteuil roulant
  • Les personnes utilisant des cannes ou des béquilles
  • Les personnes ayant une faible vision
  • Les personnes qui sont aveugles
  • Les gens qui sont distraits
  • Les parents avec des poussettes
  • Les personnes en patins / à vélos / etc.

Problèmes avec ce design

Avertissement: Je n’ai jamais vu ce lieu «en direct», donc je fonde mes analyses uniquement sur les nombreuses photos et rapports que j’ai rencontrés au cours des années.

Couleurs des marches

Il est très difficile de distinguer où une marche se termine et l’autre commence. Si vous avez une vision moins que parfaite, cela risque de devenir dangereux. Il n’y a pas de bandes contrastées pour signifier le bord de la marche.

Ce problème est un problème encore plus important sous un soleil brillant, où les ombres peuvent tromper l’œil en laissant penser qu’il y a terre ferme où il n’y a pas, ou vice versa.

C’est aussi un problème sous la pluie, lorsque vous ne pouvez pas déterminer ce qui se passe simplement en regardant les marches. Regardez la photo en vous plissant les yeux, comme si vous étiez aveuglé par le soleil. Qu’est-ce qui se passe? Voyez-vous le contraste diminuer, et la difficulté à savoir où sont les marches? Si c’était ainsi que vous voyez les marches, vous sentiriez en sécurité en utilisant ces escaliers?

Main-courante

Il y a très peu de mains courantes. C’est bien qu’il en existe, mais ce serait mieux s’il y en avait plus. Si vous êtes en mesure de marcher, mais instable sur vos pieds, vous devez soit aller d’un bord de l’escalier, soit à l’autre pour trouver des mains courantes. Une distance qui n’est pas négligeable.

En outre, les mains courantes finissent / commencent brusquement. Si vous n’avez aucune vision et comptez sur la main courante pour vous dire quand la première ou la dernière marche est, vous pourriez facilement vous blesser.

Il n’y a pas non plus de mains courantes le long de la rampe. Cela veut dire que quelqu’un qui est ambulatoire, mais incapable d’utiliser les marches, et qui a besoin d’une main courante pour garder son équilibre ne peut pas utiliser la rampe. Dans un même ordre d’idée, les usagers de fauteuils roulants utilisent souvent des mains courantes pour monter une rampe. De toute évidence, le fait de placer des mains courantes le long de la rampe bloquerait le passage pour quiconque utiliserait les escaliers. Pourtant, c’est un problème d’accessibilité et de sécurité.

Pas de zones à niveau

Si vous êtes en train de marcher sur les marches, chaque fois que vous rencontrez la rampe, vous remarquerez qu’il n’y a pas de zone à niveau, sauf à chaque bout. Cela veut dire que lorsque vous arrivez à la dernière marche de la section, votre pied descend et arrive sur une surface inclinée. Vous pourriez vous faire une entorse, ou pire, une fracture. Hauteur inégale des risers

Les marches ont des hauteurs différentes là où elles rencontrent la rampe. Cela rend très difficile l’utilisation sécuritaire si vous avez des déficiences visuelles (ou si vous êtes simplement distrait).

Rampe à pic

Il est difficile d’évaluer l’inclinaison exacte d’une rampe à partir de photos. Mais après avoir utilisé un fauteuil roulant depuis près de 20 ans, je suis devenu très bon au “pifomètre”. Je suis sûr que la pente de cette rampe est plus raide que 1:12 (augmente de 1 mètre pour chaque distance de 12 mètres). 1:12 est l’inclinaison maximale établie dans diverses législations d’accessibilité du bâtiment à travers le monde, certaines suggérant même un plus doux 1:15.

L’argument ici est qu’il nécessite une grande force pour monter une rampe si à pic en fauteuil roulant. Et un bon contrôle pour descendre. Ceci est aussi vrai pour les utilisateurs de fauteuils roulants manuels, les personnes utilisant des cannes ou des béquilles, mais aussi les parents avec des poussettes ou des enfants en patins.

Révision: Quelqu’un sur Twitter a calculé l’inclinaison de la rampe et est arrivé à environ 1: 8, ce qui est TRÈS abrupte.

Longue rampe sans pause

Et pour aggraver le cas de l’inclinaison de la rampe, la distance à franchir sans pouvoir s’arrêter en toute sécurité est assez grande. Arrêter son fauteuil roulant à mi-chemin n’est pas sécure. L’arrêt sur une surface inclinée pourrait soit vous faire reculer ou basculer vers l’arrière en essayant de repartir à monter.

Contremarches se fusionnant dans la rampe

Il n’y a pas de séparation entre la surface de la rampe et les marches qui s’y intègrent. Cela veut dire que les roulettes avant d’un fauteuil roulant pourraient facilement tomber de la rampe et aller sur une marche. Avec la pente de la pente, il pourrait être très facile pour un fauteuil roulant de finir par basculer parce qu’un côté du fauteuil se trouve sur les marches alors que l’autre est resté sur la rampe.

Conclusion

Bien que je comprenne la conception de la rampe-escalier à Robson Square, est un produit des années ’80, avant l’arrivée de règles d’accessibilité pour les bâtiments, je sais que beaucoup d’architectes continuent d’utiliser des idées semblables. Il y a sept autres exemples sur cette page.

En regardant ces photos, je ne peux qu’en déduire qu’aucune de ces conceptions ne sont sécuritaires pour les personnes en situation de handicap, ou même sans handicap.

L’idée est séduisante, et produit un attrait visuel solide dans certains cas.

Mais ne soyons pas dupes que ce sont de bonne conceptions inclusives et sécuritaires. C’est tout sauf ça.